Jules Walser est un personnage qui semble de fiction et qui pourtant est plus vrai que son auteur.
Dans un monde où tout le monde est obligé de se livrer de manière lisse et positive, il est temps pour moi de quitter ce monde, ou du moins de l’ignorer la plupart du temps (ou bien de l’utiliser au besoin pour des affaires triviales).
Un nouveau personnage en sort, totalement libre, totalement vrai, quitte à faire frémir les humains. Ce personnage est complet, vit online et offline aussi. C’est tout simplement ce qui serait moi si je n’avais pas à me cacher, si je n’avais pas peur (à raison) de montrer ma nature réelle.
Ainsi, chaque jour, il grandit, il s’étend librement, il se livre et se donne en spectacle sans que jamais personne ne sache qui il est réellement. C’est cette dichotomie que je trouve intéressante d’explorer.
Mon vrai moi, mon miroir non déformant, s’offre et bouge dans le monde numérique à défaut de le faire dans le monde physique, qui ne reste après tout qu’accessoire.
De plus, je considère ce mois de novembre 2017 comme celui du dernier reboot. Ceci sera mon dernier projet d’envergure, car il me prendra presque tout mon temps. Il ne sera pas éloigné de ce que je fais déjà, il peut reprendre tout un tas de paramètres qui existent déjà à l’état larvaire et mal dégrossi, ou mal pensé. Je songe à la critique musicale par exemple. Je la fais, mais pas correctement. Je me retiens de critiquer certaines choses, je ne me sens pas libre. Je veux faire de la vidéo mais je ne sais pas sur quel pied danser.
Si je suis vraiment moi-même, alors je peux faire des vidéos de Jules qui seront par exemple masquées. Ou bien on ne verra qu’une chose par vidéo, un objet par exemple et je lirai mon texte et je monterai une vidéo personnelle dans laquelle personne ne pourra me reconnaître. C’est le but de l’opération en générale : arriver à dissocier mon identité légale de mon identité réelle.
Pour Jules Walser, dissocier ces deux identité permet alors de trouver son véritable moi et de le laisser s’exprimer librement, par le biais de l’anonymat. On pourrait penser que l’anonymat est une sorte de forme péjorative, dans laquelle on n’assume pas son identité. Non. C’est devenu un moyen de survie dans notre époque numérique et économique. Être identifié tout le temps ne nous permet pas d’assumer librement notre identité réelle. On n’ose pas tout dire, pas tout faire.
Je propose de se libérer de cet enfermement, de briser nos chaînes sociales qui ne valent plus grand-chose, qui sont pleines de mensonges et d’empêchements flous.
Il n’est pas uniquement question d’être soi-même caché dans un coin, avec la peur de faire quoi que ce soit dans le monde moderne. Au contraire, on laisse les choses venir à nous, on les transforme librement et on livre ce que l’on pense, ce que l’on croit, tout et vraiment.
Cela signifie que l’on s’affranchit aussi des règles malsaines des relations humaines actuelles. Comment fait-on cela ? La disponibilité. Il arrive alors que notre disponibilité est prioritaire pour notre vrai moi. On garde tout le temps que l’on désire, tout le temps que l’on peut perdre en faisant semblant, pour se cultiver et partager notre culture. Cela veut dire que notre identité sociale est mise de côté au maximum, que l’on ne l’emprunte que pour des tâches administratives ou de survie. Le terme de survie est important, car je pense que c’est plutôt une forme de sous-vie.
Jules prend alors tout son temps pour lire, écouter de la musique, en discuter librement, quitte à ne pas rentrer dans les normes. L’ironie est que l’on utilise les réseaux sociaux pour retrouver notre vrai moi. Nos amis ou notre famille ne sont pas vraiment les nôtres. Nous sommes libres de les choisir, la plupart du temps, le plus longtemps et souvent possible.
Quand la société nous l’impose, on rentre dans le rang et on ne fait pas de vagues, on obéit aux règles idiotes. Pourquoi ? Parce qu’il faut donner de la matière à ceux qui se nourrissent de notre identité faussée, que l’on finit par croire la sienne propre si l’on ne fait pas attention.
Jules Walser est une expérience. Cela peut foirer lamentablement. J’en suis conscient. Mais je n’ai pas vraiment d’alternatives. Je n’ai pas l’âge, la santé ni les finances pour faire autrement.
Il est donc temps pour moi de scinder ce que l’on nomme l’individualité en deux personnalités distinctes, l’une adaptée à la sous-vie, l’autre libre absolument, se gavant comme un vers dans une pomme.

(source de l’image : おはようございま(’-’)す #止まれ #路上表示 http://ift.tt/2kevbuJ)

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