La disponibilité est un grave problème que je n’arrive pas à maîtriser encore. Je suis toujours disponible, plus pour les autres que pour moi-même. C’est ridicule quand je l’écris et c’est pourtant vrai.

Je discute en ligne souvent (notamment avec ma compagne qui est très éloignée de moi) et j’ai tendance à effectuer une sorte de dialogue traditionnel et immédiat. C’est idiot. Les gens mettent en priorité leur vie, même faussée, et ne racontent pas tout honnêtement comme j’ai tendance à le faire. Ils quittent les discussions brutalement, occupés qu’ils sont. C’est surtout flagrant chez les plus jeunes adultes. Ils ont beau être connectés au maximum à internet avec leurs téléphones, cela n’empêche qu’ils ont le bon sens de ne pas se sentir obligé de répondre tout le temps à tout. Ils ignorent librement.

Le fait d’ignorer est quelque chose que je ne supportais pas. Jusqu’à présent. J’ai enfin compris que premièrement ce n’était pas important d’être ignoré et deuxièmement, que je pouvais faire de même sans me sentir coupable. Je ne suis même pas certain de l’origine de cette culpabilité. Probablement un enseignement trop fort de la politesse à l’ancienne. Des souvenirs d’enfance désagréables me reviennent d’ailleurs en ce moment-même.

J’ai eu une éducation désastreuse pour vivre dans le monde d’aujourd’hui sans souffrir. La parfaite politesse et disponibilité, l’attention franche, toutes ces choses n’ont aucune valeur aujourd’hui ou plutôt non, elles ont la plus grande des valeurs et sont donc jalousement gardées.

L’attention aussi est un critère important. Les modernes papillonnent et leur attention ne reste jamais longtemps au même endroit. Contrairement à ce que j’avais tendance à faire jusqu’à présent : être attentif dans une forme de politesse déplacée.

C’est aussi probablement parce que je n’ai presque pas de vie sociale que je pouvais me permettre de donner sans fin mon attention à tous. Ce ne sera plus le cas. À moi désormais de choisir le moment et la durée de l’attention. Redevenir soi-même, voire le découvrir, demande du temps et du calme. Je dois fermer les fenêtres de conversations et ne pas attendre que tel ou telle soient online.

Pire, attendre dans ces applications quand quelqu’un tape du texte. On a tendance à voir trois petits points qui s’agitent. On se dit, tiens, la personne écrit quelque chose. Et on attend. Toutes ces attentes sont ridicules. On doit absolument attendre (ou plutôt ne pas attendre) qu’un vrai message soit arrivé pour voir ce que l’on en fait. Parce que souvent, la personne abandonne en route son texte, l’oublie, passe à autre chose et je me retrouve comme un idiot à attendre. Et je déteste attendre. L’attente est une sorte de douleur masochiste que je m’impose en permanence. C’est aussi quelque chose sur quoi je dois travailler et réfléchir plus avant.

Être disponible doit donc être l’exception et non la règle. L’attention de même doit être pointée vers ce qui m’intéresse et non pas vers des hypothétiques discussions en ligne (cela concerne aussi les emails par exemple). Les fenêtres de discussions doivent être fermées par défaut et ne pas traîner dans un coin de mon écran en regardant toutes les minutes si la personne est en ligne ou non (cela aussi est une absurde torture, le signe « en ligne » et « vue la dernière fois à telle heure »).

L’attention et la disponibilité sont probablement les choses qui ont le plus de valeur aujourd’hui dans notre monde, il est grand temps de s’occuper des nôtres et non de celle des autres, qu’on les aime ou non par ailleurs n’y change rien.

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