La dichotomie entre mes deux identités est subtile et je dois faire attention à ce qu’elle ne soit pas poreuse. Je dois arrêter de penser JW comme un autre moi, mais le considérer en tant que moi véritable. C’est-à-dire ne plus penser désormais à la séparation, qui est consommée, sur JW. Faire mon truc, sans plus y réfléchir que cela. Je peux switcher d’une identité à l’autre, mais je dois être pleinement dans l’identité choisie. Il ne doit pas y avoir de correspondance. C’est pourquoi je dois finir par me taire sur le sujet et seulement être qui je suis vraiment.

J’ai moins de mal en étant moi-même pour effectuer des choses que mon aboulie traditionnelle m’empêche de faire. Je viens de prendre une douche bien chaude, me lavant mes très longs cheveux avec soin. Je me sens bien. Ma compagne est plus ou moins présente autour de moi, à 20 000 km, je ne m’en inquiète pas trop, j’en ai soupé de m’inquiéter pour les délais de réponses qui ne sont généralement pas malfaisants en soi. Ce sont seulement mes insécurités qui rendent le tout anxiogène. Donc je ne cherche pas à combler un vide que je n’ai même pas créé. Je fais mes affaires, je prends mon temps et je patiente en ce qui concerne les communications plus ou moins rompues on ne sait comment.

Je me sens plus libre, je me contrains à beaucoup moins de règles. Par exemple, je viens de fumer un pétard en journée. Avec le deuxième Tramadol, je me sens vraiment paisible. Beaucoup de gens pensent que c’est mal. Je ne conduis pas, je n’embête personne au final. D’ailleurs, même aux USA, alors qu’ils sont coincés du cul, certains états ont carrément légalisé la weed. C’est une bonne chose, plus de traffic lié à encore d’autres traffics et dont la chaîne entre la production et la racaille des quartiers ghettos est longue comme le bras. Je suis un petit fumeur qui normalement ne fait cela que de nuit, quand la journée est terminée et que je suis sûr d’être tranquille et de ne pas avoir à interagir avec d’autres humains. Ma consommation se limite à 50 euros par an maximum parce que je suis bien servi et que mon but n’est jamais de me mettre minable, mais simplement me décaler un peu de l’identité survivante. Je suis beaucoup plus inquiété et défoncé par tous les médicaments que je prends. Et encore, j’ai pas mal réduit la dose, c’est clair.

Il est très tard pour ma compagne et nous parlons immobilier. C’est peut-être vraiment un peu trop tard pour elle. Enfin, nous envisageons les possibilités et c’est finalement « louer pour acheter » qui l’emporte avec notre budget. Maintenant, elle va faire tranquillement des recherches pour un appartement de deux chambres dans un prix raisonnable pour nous. Comme je le disais, elle était crevée et cela ne sert pas à grand-chose de discuter dans son état. Elle dort sur place. Au moins elle aura eu la force de me dire bonne nuit. Bon elle n’aura pas attendu la réponse mais l’important aujourd’hui est qu’elle se repose. Demain matin elle a son cours de langage des signes. De plus, je vais en profiter pour faire une sieste au bon moment, à une bonne heure, qui me convient parfaitement. Je n’en reviens pas que nous soyons déjà vendredi. Je déteste quand le temps passe aussi rapidement. Au lit pour oublier.

Quand je me relève, je me sens un peu mieux encore, moins rattrapé par mon autre identité. La nuit tombe totalement. Je me rends compte que mon vrai moi donne un meilleur site que celui que j’essaie de faire tristement chaque jour et qui ne semble aller nulle part professionnellement. Alors je vais travailler dessus encore et encore dans une absolue honnêteté.

Quand ma compagne n’arrive pas à dormir, à l’autre bout de la planète, je l’appelle et je lui parle pendant autant de temps qu’il le faut, en général près d’une heure, jusqu’à ce qu’elle se sente comme apaisée, enfin, c’est ce que j’espère. On dirait que cela fonctionne. Je suis seulement triste de la voir se battre avec des tas de réflexions et d’évènements qui lui pourrissent la vie. Je pense qu’elle a besoin de liberté, comme tout le monde. Il est vrai, c’est encore plus difficile là-bas qu’ici. Je ne lui reproche rien. Je la soutiens autant que mon esprit et mon corps le permettent. C’est ce que j’appelle de l’amour.

J’entrevois ce qui est important et ce qui ne l’est pas. Je vois aussi ce que je dois faire ou non. Je dois me dépêcher, je n’ai pas vraiment beaucoup de temps avant d’être ennuyé. Je suis handicapé mental, ce sera peut-être ce qui me sauvera encore un moment en occident. Ensuite je me dirige vers l’Asie du Sud-Est, là où est la femme que j’aime et que je vais retrouver une fois encore un mois en mars prochain. L’expatriation est probable. Très probable. Je dois donc faire les choses sans attendre, sans tergiverser. Je dois faire les choses maintenant, pas en négociant avec le vide. J’ai moins d’une année pour y arriver suffisamment, pour que cela vaille quelque chose, pour que je puisse continuer à avancer dans cette voie.

Je ne vais pas étaler mon concept ici, en vrac, n’importe comment. J’ai besoin d’y réfléchir plus longuement. Mais j’ai une direction vers laquelle me tourner. Ce que je fais en ce moment, je peux le partager. Autrement. D’une meilleure manière, en étant plus clair dans ce que je dis, en conceptualisant plus les choses. Je dois créer une forme de schéma à reproduire, aussi souvent qu’on le désire. C’est ce que j’appelle le reboot.
Je me permet de jeter quelques idées de plus finalement, mais cela ne dérange personne, à cette heure-ci, dans ce lieu-ci. Il n’y a personne, je parle dans le vide, comme lorsque je parle dans le vide quand ma compagne dort. Mais c’est clairement un acte d’amour. Être soi est un acte d’amour et l’accepter pleinement encore plus. En attendant, on doit commencer par effectuer un reboot, je ne vois pas vraiment d’autre solution.

Il y a longtemps, on pouvait effectuer un reboot en faisant quelques dizaines ou centaines de kilomètres au plus. Rien ne nous retenait. Le système actuel et internet ont tout changé. Autant savoir se débrouiller en conséquence pour ne pas subir, pour ne pas survivre uniquement.

Je n’en dis pas plus pour le moment, j’ai besoin de tourner cela dans tous les sens, autant le faire sur un brouillon quelconque. Cette journée est déjà bien assez longue pour la personne qui osera lire ce texte en entier (pourquoi ?).
Fin de la journée.

2 thoughts on “ Journal — 2017.11.10 ”

  1. On peut se tutoyer si possible, je ne suis pas si profond, en tout cas pas hors d’atteinte.
    Oui, il va y avoir une suite, déjà maintenant, ce soir.
    Intéressant le rôle de coach de vie. J’en connais aussi. Je ne sais pas si ma théorie mise en pratique sur moi-même sera validée et si je pourrais la transmettre. Peut-être un but, qui sait ?

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s