Je me réveille sur ce jour férié juste avant un dimanche. Dans ma petite ville de province, cela signifie que tout est fermé, probablement. Je tenterai peut-être une sortie un peu plus tard. Je me réveille avant la ville et je fume une cigarette à ma fenêtre.

Ma compagne me contacte. Je sens que quelque chose ne va pas. Elle me dit qu’elle a un étrange sentiment d’urgence à partir de la maison familiale vide. Son boulot de professeur n’est pas suffisant pour elle, pour se sentir plus libre. Elle est prête à faire n’importe quel boulot d’entreprise qui lui rapportera assez pour sa tranquillité d’esprit dans son propre appartement.

Je sens qu’elle réfléchit beaucoup, peut-être trop, je n’en sais rien, mais elle est toujours épuisée. C’est compréhensible avec tout le travail qu’elle fournit déjà et toutes ses tâches qui sont énormes depuis qu’elle est orpheline. Elle me laisse pour faire une sieste (une autre apparemment, c’est l’après-midi là-bas). Il faut dire qu’elle s’est endormie vraiment tard et levée tôt pour son cours de langage des signes.

J’ai relu mes idées d’hier sur mon brouillon, cela me semble intéressant. Il va me falloir encore y penser et théoriser cela de manière claire pour chacun. Il est question du lien de causalité entre liberté et être soi, qui est en général faux. Je pense aussi à ce qu’est la réelle liberté. Je pense des choses qui ont déjà été traitées en philosophie, je le sais, ce sont mes études. Mais la société moderne et internet ont vraiment tout changé et tout est à revoir.

Je peux laisser mes idées sortir dans mon journal finalement. Je pense par contre vraiment à faire des vidéos courtes et pratiques sur le sujet. C’est probablement la meilleure manière de procéder pour expliquer les idées qui m’assaillent sans les noyer dans un flux de pensées parasites, comme dans ce journal.

Ma compagne est en pleine dépression, réflexion, fuite d’un lieu toxique pour elle. Elle a une tante psychologue en Australie qui fait du meilleur boulot que moi probablement. Je la laisse faire après avoir été clair et direct sur mes intentions. Sa tante s’inquiétait pour moi. Elle a raison, je pourrais être un sale blanc qui profite d’elle, il y en a tellement. Elle veut protéger ma compagne au maximum, c’est donc quelque chose de bien. Je ne vais pas à contre-courant puisque les conseils sont bons et ont plus de poids que les miens. Je la laisse discuter avec sa tante le plus possible.

Le but serait pour elle de partir de la maison maudite et louer un petit appart en ville pas trop loin pour s’occuper de ses chiens. Dans tous les cas, fuir cette maison horrible avec ses connasses de tantes. Elle peut commencer par un petit appart peu reluisant, très peu cher, puis chercher mieux et un nouveau job pour aller avec. Mais comme dit sa tante, elle doit partir ASAP.

J’ai parlé avec elle, puis au téléphone pendant une petite heure pour qu’elle s’endorme. Elle allait mieux.

J’ai fait ensuite ma sieste tranquillement. Je me relève, il ne fait pas encore tout à fait nuit. Je fume le premier pétard et je m’occupe de mon projet totalement dérangé. Je mets plein de musique en plein milieu, je m’en moque, tout est libre sur le site, comme moi.
Ce qui est drôle, c’est que le fait de faire un peu de survie, juste assez pour être tranquille par la suite, marche très bien. Quand je parle de survie. Je parle de mon identité physique, du nom que j’ai reçu de mes parents et de l’existence menée sous cette forme. Elle est contrainte, cette vie, par des tas de problèmes sociaux et matériels. Voilà pourquoi nous avons besoin d’un reboot et d’être la personne que l’on est réellement, dégagé de toute la morale, les barrières mentales et sociétales. Nous pouvons faire cela en ligne.

Je parle de recommencer à zéro. Un nouveau nom, un nouvel email, et tous les comptes sociaux utilisés normalement. Si je les utilise avec mon identité contrainte, je suis dégoûté de ne pas être moi-même et de voir les gens se débattre aussi en n’étant pas eux-mêmes. Quand je fais un reboot, je me retrouve avec un nouveau nom et aucune connaissance, aucun « ami », je suis seul.

Éprouver cette solitude permet de retrouver plus facilement qui l’on est vraiment. Savoir ce que nous aimons réellement et pouvoir l’assumer, est une conséquence directe du reboot identitaire. Cela en dit long sur nous, et donc on commence à savoir qui nous sommes réellement. Sans filtre.

Peut-être n’aimerez-vous pas ce que vous allez découvrir en faisant cela. Il faudra que je réfléchisse à cette question. Notamment, comment changer consciemment, en accord avec de vrais principes personnels et libres, avec le droit de se tromper et un autre reboot est toujours possible alors.

Il va falloir s’armer d’honnêteté. C’est possible puisque personne n’est là pour vous juger. Vous êtes votre propre juge. Quand je parle de reboot et d’identité nouvelle, je ne parle pas d’anonymat total. Il reste partiel. Disons qu’une personne normale ne devrait pas faire le lien entre mes deux identités. Comme j’utilise un site, des moyens de paiements, des réseaux sociaux, les entreprises savent à l’avance qui je suis, sans parler de l’État. Si vous voulez aller plus loin pour vous protéger, alors il faudra utiliser des mesures plus radicales. Dans mon cas, pour le moment, je n’en ai pas besoin.

Je pense que j’en ai assez dit pour aujourd’hui. Je vais profiter de ce que j’ai mis en place pour me faire plaisir, dans la mesure ou je peux jouer dans la zone grise entre mon corps et mon identité libre sur internet.
Journée terminée.

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