Une nuit agitée. Obligé de me battre avec le chat vers 3h. Et finalement je me lève à 8h, un peu tard. Babe n’est pas là, elle est passé plus tôt. Trop tôt pour moi. Les sept heures de décalage horaire sont une plaie. Déjà qu’elle n’est pas en forme, j’ai du mal à être présent quand il le faut. Elle m’envoie quelques mots et se débarrasse un peu de moi (c’est ce que je ressens, ce n’est pas forcément vrai, ou disons que ce n’est pas volontaire). Tant pis, je dois faire avec et c’est vraiment une chose à laquelle je dois m’habituer.

Être malade est une chose qui ne se voit pas dans mon cas, car je fais tout pour le garder à l’intérieur, et ne rien en montrer. Pourtant c’est bien là. Je peux être souriant et aider quelqu’un et me sentir mourir dans le même temps. Prendre un bus et sembler être cool alors que j’ai la nausée (le fait d’être enfermé avec des gens). L’anxiété est vraiment quelque chose qu’on expérimente de l’intérieur et qui le plus souvent ne se voit pas hors des grandes crises, où je me mets à trembler suffisamment fort pour que les gens s’en rendent compte.

L’anxiété est violente, la dépression est pernicieuse. Elle une maladie des grands fonds, elle nage tranquillement près du sable et des rochers et avale tout ce qui pourrait être vivant en nous. Ce n’est vraiment pas le problème principal dans mon cas, même s’il m’empêche d’avoir une existence normale.

Dans les deux cas, les médicaments aident et nous emprisonnent à la fois. Ils aident à faire disparaître, à cacher certains symptômes, mais ne guérissent rien. Dans le cas d’une maladie chronique comme la mienne, on doit faire avec, toute son existence. Bien entendu certaines expériences personnelles peuvent aider à surmonter certaines angoisses, à s’avancer un peu plus dans le monde, mais rien de plus.

Quand on est conscient de cela, on se rend compte que l’on n’est capable de rien et que notre vie n’est que gâchis, que perte d’énergie et de matière. Pour l’instant, je persiste un peu, je continue mon chemin, j’essaie de le fabriquer à ma manière pour qu’il me soit le plus doux et approprié possible. Je suis limité à cela.

Cela pourrait être pire, il y a toujours pire. Mais quand je me retrouve incapable de montrer à la société que je suis capable de vivre « normalement » selon leurs critères, alors les ennuis arrivent. Je monte des stratégies pour survivre avec ma pathologie, c’est un effort à plein temps, c’est épuisant et les gens ne comprennent pas.

Aujourd’hui, je me contente d’aller donner le cours de Systema avec ma meilleure amie, dans une autre ville. Une heure de bus pour y aller et le lendemain la même chose au petit matin. De quoi m’épuiser pour la semaine ensuite. Mais jeudi je recommence pour le psychiatre. La semaine ne va pas me plaire.

Inutile de me dire que cela ne va pas me plaire. Cela ne fait qu’alimenter mes problèmes. Je fais ce que je dois accomplir, tout simplement. J’ai des engagements et je dois trouver un moyen d’être à l’abri. Ces deux choses sont nécessaires. De toute façon, c’est toujours plus facile et un peu décevant finalement quand le moment est venu.

CloakTo Venomous Depths (2017) • Blackened Death Metal • 4

J’aide un tout petit peu babe pour sa lettre de motivation pour le job au Japon. Je sais qu’elle n’y tient pas vraiment même si elle en a besoin. Cela complique les choses et c’est difficile de montrer sa motivation ainsi.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s