Le cours de Systema hier m’a épuisé mais c’était agréable. M était revenue après son accouchement et a apporté de la joie. J’ai mal dormi, toujours ces rêves d’anxiété sociale, dans lesquels tout le monde vous déteste, mais je suis habitué.

J’ai pris le bus très tôt pour rentrer à Angoulême. Le chat m’attendait de pied ferme et le froid polaire de l’appartement aussi. Mais je me sens plutôt bien ce matin. Je vais faire des recherches pour un autre job possible de babe sur une autre île des Philippines. J’ai tellement hâte de la revoir : plus que deux mois.

To Destroy a CityGo Mirage (2017) • Post-Rock • 3

1h30 de recherche et pas grand-chose à se mettre sous la dent sur cette école internationale, en dehors de leur propre site qui paraît idyllique. Espérons que le Japon fonctionne. Ce serait une bien meilleure occasion. Oui, après d’autres recherches avec babe, il se trouve qu’il vaut mieux se concentrer sur le Japon pour le moment et sur l’étranger en général.

Je suis épuisé, je vais avoir besoin d’une longue sieste. Je vais aller au lit immédiatement et faire des micro-siestes entre deux contacts avec babe. Ce que j’ai fait, c’est suffisant. Babe ne va pas bien. On a beau faire toutes les démarches possibles, cela n’avance pas. Je fais bien de protéger mes arrières si je dois rester en France bien plus longtemps que prévu. La situation pourrait s’éterniser et je devrais être sûr d’avoir suffisamment d’argent pour survivre. C’est assez désespérant et je commence à perdre espoir alors que je ne le devrais pas. Mais ce n’est que temporaire. Il faut dire qu’aujourd’hui les recherches ont été infructueuses au possible.

Essayer de faire mes choses, simplement, sans forcer plus que ça, juste en essayant d’utiliser mon temps pour ce que je pourrais être capable de faire, c’est-à-dire pas grand-chose à part écrire. Et encore, écrire des choses plutôt vides.

Signs of the SwarmThe Disfigurement of Existence (2017) • Brutal Death Metal • 4

Je bois un thé, je n’ai pas froid. Babe doit faire des recherches dispersées pour tenter de trouver des solutions. Mes tâches n’avancent pas et je n’ai pas le moindre sursaut d’envie de les faire. Je ne me laisse pas aller pour autant complètement. Il est juste difficile de survivre mais j’y arrive pour le moment.

VUURIn This Moment We Are Free – Cities (2017) • Progressive Metal • 3

Un vieil état de désarroi m’assaille maintenant. Rien ne fonctionne réellement. Tout n’est que survie. Et la hantise de ne plus en être capable. Je deviens de mauvaise humeur, ce qui me donnera peut-être la force d’effectuer quelques tâches ingrates que je déteste. Rien ne me soutient plus désormais. Je porte le poids de beaucoup de trop de choses sans aide pour tenir en équilibre, même précaire. J’ai beau me dire que je me moque de tout, cela ne suffit vraiment pas. J’ai faim. Je ne mange pas à ma faim, il faut avouer. Oh, je pourrais, mais je ne le fais pas. J’économise chaque euro possible. Je ne suis même plus certain de savoir pourquoi.

Bien entendu, une semaine de pluie et de vent de plus pour rendre les choses plus joyeuses. Je sais que c’est l’hiver, mais un beau soleil avec un froid mordant serait appréciable. Non. Une semaine de pluie et de vent de plus.

Une heure dans le lit avec Pzizz dans les oreilles mais je n’ai pas pu dormir. Je me lève d’encore plus méchante humeur ou peut-être dans le désespoir le plus total. Le second serait plus à mon goût : il me permet de faire des choses en me moquant de tout, mais au moins je suis actif.

JajaMusic for space observation (2018) • Ambient • 5

Souvent, je me dis qu’il n’y a rien dans mon existence que l’argent ne pourrait résoudre. C’est vrai pour la majeure partie de mon existence. Seulement, ma maladie restera bien ancrée au fond de moi, toujours prête à me porter préjudice, à faire foirer ce qu’il est impossible de manquer. Dans cette optique, quelles solutions restent valables ? Je n’en vois aucune. Mon seul secours possible est de me cacher de tout, de vivre d’un rien, de ne pas faire de vagues, de ne pas vivre en somme.

Ma relation amoureuse m’enfonce un peu plus dans le trou béant de l’univers dans lequel je me trouve. Mon attachement sans faille à ma compagne à l’autre bout du monde me fait beaucoup plus de mal que de bien depuis quelques temps. J’hésite fortement à tenter de m’en moquer comme du reste. D’une part, je ne suis vraiment pas certain d’en être capable. D’autre part, j’ai trop peur de l’abandon, la pire malédiction qu’on puisse me jeter. Ce n’est pas être seul. C’est le moment de l’abandon qui m’insuffle une panique monstrueuse qui pourrait durer des mois, des années.

Je me suis mis dans une situation inextricable, tout seul comme un grand, j’offre mon amour chaque jour, sans la moindre faille, en soutenant tous les problèmes de ma compagne, comme si je n’en avais pas assez moi-même. J’ai une impression d’éloignement ces derniers temps, comme si elle me tenait à l’écart de sa vie courante. Je pense sincèrement que c’est pour me protéger, pour ne pas parler de choses maléfiques, pour rester humains. Je le prends mal et je garde ce sentiment poisseux pour moi.

Hier soir, chez ma meilleure amie, la femme avec qui j’ai passé vingt ans de ma vie, qui va se marier bientôt avec un homme que j’aime profondément aussi, m’apprend par mégarde qu’ils vont probablement faire un enfant. Elle ne porte plus de stérilet, ce n’est qu’une question de temps. Je suis heureux pour elle, elle a trouvé quelqu’un qui valait la peine de vivre. Ensemble, nous étions contre le mariage, contre le fait de faire des enfants. Tout cela a changé. Ce qui me donne envie de pleurer, ce n’est pas qu’elle soit avec un autre, nous n’avions plus rien à faire en couple et notre séparation s’est déroulée de la manière la plus douce et courageuse possible. C’est que ce n’est que moi-même qui induit la non-vie, l’absence de projet, l’absence de futur, le nihilisme le plus total. C’est perturbant. En ajoutant les rêves où tout le monde me déteste, babe qui n’est plus que l’ombre d’elle-même, je vis une journée qui touche les étoiles. Que dire de plus ?

Je termine mon dernier thé de la journée devenu froid. Il est 19h40, il fait nuit noire depuis un moment. J’ai arrêté le chauffage qui ne marche pas correctement. Le propriétaire s’en moque. Je vais aller me plaindre à l’agence et cette fois de manière convaincante. Tout cela se mêle dans ce que l’on pourrait appeler une vie mort-née. J’ai pitié de moi-même.

Je ne peux même pas fumer une cigarette tranquillement, la tempête fait rage. Alors je la fume dedans, même si je n’aime pas ça et que je fume toujours à la fenêtre. Mais si c’est pour avoir l’impression d’être à la proue d’un bateau dans la tourmente, non merci.

Je vais fumer le seul pétard de la journée, je me tiens bien désormais, je vais pouvoir abandonner bientôt sans douleur. Et au lit, pour une nuit agitée de plus.

(image : aolistia)

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