On s’envoie beaucoup d’email avec L. J’aime beaucoup. Le fait qu’on puisse parler de tout, chaque jour, mais aussi que même si je suis son « amour éternel », il n’y a pas d’ambiguïté dans notre relation. Je ne suis pas intéressé. Je me dis souvent que je devrais être toujours seul, que je ne suis pas fait pour avoir une relation amoureuse et qu’être avec babe est une erreur de mon esprit qui se sent comme obligé d’être en amours. J’essaie de ne pas trop me laisser emporter par cette idée qui peut être destructrice. Mais, grossièrement, j’ai envie de retrouver ma difficile solitude qui est finalement douce en regard d’une vie sociale qui n’est pas faite pour moi.

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J’ai passé ma journée soit à envoyer des emails, soit à mettre en ordre l’appartement pour le ménage. Mais ils ne sont pas passés. Je ne comprends pas pourquoi. Deux jours de suite. Même avec confirmation. Ça me fatigue. Je suis épuisé de toute façon. Je pourrais dormir n’importe où n’importe quand.

Monster MagnetMindfucker (2018) • Analog – Hard • 5/5

Sauf la nuit bien entendu. Il est maintenant 0h33, j’ai accompagné babe se coucher, la câliner et m’endormir en même temps qu’elle. Elle a vraiment des journées de 12 heures très dures, je comprends tout à fait son comportement en général. Je suis la seule chose qui ressemble à de la famille pour elle. Elle a beaucoup pleuré dans mes bras ce soir, ce qui n’arrive que quand elle n’en peut vraiment plus car elle est bien plus forte que probablement toutes les femmes que j’ai rencontrées. La dernière fois, c’était lorsque sa mère était en train de mourir et qu’elle devait tout gérer. C’est aussi peut-être cette force qui l’empêche d’aller plus loin, de se casser, peu importent les conséquences. Elle a une vie si dure parce qu’elle résiste. Je ne suis pas à sa place, mais je pense qu’elle devrait laisser tomber et chercher ailleurs une vie plus douce. Il n’y a rien ici pour elle et elle est assez intelligente pour se débrouiller à peu près n’importe où. Mais elle ne le croit pas.

Auparavant, j’aurais culpabilisé d’avoir une vie comme la mienne en regard, même si elle n’est pas vraiment à envier pour la plus grande partie des gens. Aujourd’hui non, je sais que je me débrouille au mieux pour survivre dans les meilleures conditions possibles, compte tenu de mes problèmes mentaux. Mais je ne suis pas d’une grande aide, pour personne. J’arrive tout juste à ne pas me noyer. Il m’est difficile alors de garder la tête d’autres personnes hors de l’eau en même temps.

Il se passe beaucoup de choses dans les sentiments autour de moi. Et je suis au milieu, dans l’œil du cyclone, à ne pas bouger, de peur de rencontrer un mur. Il est très étonnant pour moi en ce moment de comprendre comment fonctionne le monde des humains. Ils ont des règles sociales, plus ou moins codifiées. Je n’en ai aucune, si ce n’est d’être poli et bienveillant, ce qui n’est pas si mal, mais les gens font plus attention au fait qu’on leur offre un cadeau ou que l’on porte la bonne tenue quand on va au cinéma le vendredi soir en couple. Spécialement au Philippines. Dans une moindre mesure en France aussi. On se croirait un peu dans un vieux film hollywoodien, même dans certains récents.

Les gens, certains qui se la jouent cool, font semblant de s’en foutre, mais je vois bien que ce n’est pas le cas au fond d’eux-mêmes. De mon côté, je ne suis que moi-même et rien de plus. J’en ai assez de faire plaisir aux gens qui imaginent que cela me fait plaisir aussi. Je suis irrémédiablement dans un état de présent immédiat et donc toute préparation est vaine, ou bien trop ancienne. Je ne sais pas, c’est un peu compliqué, plus que ça. Et à travers mon histoire aussi. Je ne peux pas vraiment dire cela de cette manière.

Deux femmes ont pleuré pour moi aujourd’hui. L’une de joie, l’autre de désespoir. Des larmes, dans tous les lieux de la terre.

1h27. J’ai pris mes médicaments. Je ne change pas de patch parce que je ne suis pas allé me doucher, pas besoin, pas envie. Nous verrons la douche et le patch demain matin, après avoir accompagné babe de l’autre côté de l’artère principale qui passe devant nos immeubles immenses. D’ailleurs, le disque est terminé. Et je ne vais pas en commencer un autre. Je vais essayer de me faire une nuit entière. Je réussirai peut-être. Je double le Seresta pour être complètement déglingué pendant les quatre prochaines heures, ce qui est la seule chose dont j’ai besoin à vrai dire.

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